Paul Crayon

Le trait, pour sujet, voilà ce à quoi prétend Paul Crayon, à travers des dessins aussi ironiques et minimalistes, qu'abscons...



Paul Crayon dit être né quelque part en 1992, mais il fait plus que son âge ! Monsieur Paul, comme aiment à l'appeler les "pensionnaires", se qualifie lui-même de fou. A la frontière des dérives de l'art brut, son trait frôle l'absurde. Gribouillis fouillis, d'un trait désuet, grotesque et inutile, fuyant la représentation dont il semble vouloir s'abstraire à tout prix, ce griffonnage n'en reste pas moins tout de suite identifiable. Il n'est qu'à se rapporter aux titres pour déceler un cynisme certain face à ce qui est représenté.

La catégorie des "Grises Mines" se caractérise d'abord par la taille de son support. Des cartons de cahiers de papier à cigarette, de 7 cm de haut par 4 cm de large, le dessin s'inscrit dans un cadre de 3x3 cm. Réalisé au crayon gris, le plus souvent d'un seul trait, ces gribouillages, comme il les appellent encore, se déclinent par séries : les chiens, les cris, les origines et les trous... Paul Crayon travaille en apnée. Fumeur invétéré, il a adapté la surface de travail à sa capacité respiratoire.

Dans d'autres catégories (peintures et sous-verres) les surfaces vont de 30x30 cm (pour les sous-verres, par exemple)  à 120x120 cm pour les peintures sur toile.

Mais pour P.C. ces oeuvres originales ne sont qu'une matrice destinée à d'autres traitements. Numérisées, elles seront agrandies selon. Ce qui pourrait en ressortir, c'est un attrait indéniable pour la matière, carton, graphite... Mais il semblerait que ce ne soit pas ce qui anime le bonhomme. La "folie" de Paul Crayon réside plutôt dans son obsession de la collection, en témoigne un travail autour de la série, voire de la séquence, qui alimente toute son oeuvre.

 


La série des têtes de chiens, "doggy01" à "doggy06", s'inscrit elle-même dans un thématique récurrente de P.C., à qui l'on doit entre autres, la musique pour chiens... ("my doggy dog" - 5 titres au catalogue de Tom Ti Punk).


Paul Crayon déteste qu'on lui parle de Giacommetti !

 

La série des cris, "kri01" à kri05", si elle a du mal à se détacher de la figure canine, porte bien en elle, la rage et la folie de l’autre : l'humain.


Paul Crayon a horreur qu'on lui parle de Munch !


Le nom des séries, ainsi que leur numérotation, importe finalement assez peu. Celles-ci varient d'ailleurs au gré des traitements futurs. Ainsi la série des founes, "foune01" à "foune05", fut renommée "origines". Malgré cette appellation moins trash, ce travail ne rencontra que peu d'intérêt, voire un franc rejet de la part des internautes de certaines galeries virtuelles.


Paul Crayon ne supporte pas qu'on lui parle de Courbet !


De même le nombre d'oeuvres par série est variable, P.C. dit s'accorder très bien des pairs et des impairs. Par contre il est intraitable sur le format : carré, sinon, rien ! La série des trous, se compose, elle, de huit exemplaires, "truduk01" à "truduk08". Vous aurez sans difficulté reconnu dans la facétie des titres, l'ironie qu'il y a à prétendre.

Ici, inutile de vous faire un dessin, semble vouloir nous dire Monsieur Paul.


Paul Crayon a la haine de Saint-Exupéry !

 

Mais déjà, l’homme raccompagne Monsieur Paul à ses quartiers et à ses crayons…

 

Ph. Kritik

 

 

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